Les mois d'été sont des mois de vacances. Pour certains, les vacances se déroulent entre Rock Werchter et Pukkelpop. Pour d'autres, c'est à la côte, que soit en Belgique ou à l'étranger. Tout le monde fête les vacances à sa manière.

Ceux qui travaillent trouvent « normal » d'avoir des vacances et que celles-ci soient payées. Évidemment que cela est normal. Mais ce droit ne nous est pas tombé du ciel.

Il y a près d'un siècle (dès 1920), plusieurs grosses usines anversoises introduisaient quelques jours de vacances. Le constructeur automobile belge Minerva a été le premier, vite suivi par Gevaert, Bell et d'autres. Ce n'est qu'après la grève de 1936 que les travailleurs qui avaient presté un minimum d'un an chez un employeur ont eu droit à six jours de congés payés. Le pécule de vacances était équivalent au salaire. Et la loi ne s'appliquait pas aux travailleurs d'entreprises familiales ou de petites entreprises (moins de 10 travailleurs). Ensuite, nous avons fait ce que nous avons toujours fait. Étape après étape, nous avons amélioré et élargi le droit aux congés payés. En 1938, tous les travailleurs belges ont gagné le droit aux vacances et les travailleurs de moins de 18 ans avaient droit au double de jours de congé. En 1947, le pécule de vacances a pour la première fois été doublé. Et en 1975, la durée légale des vacances est passée à quatre semaines.

Les congés payés sont le résultat de la force du mouvement ouvrier, de la lutte et des négociations. C'est comme cela qu'est né l'État-providence. Pour le souligner, nous avons lancé au printemps la campagne « Les réalisations du syndicat ». Pour démontrer que nous n'avons rien obtenu sur un plateau d'argent (le week-end - la sécurité sociale - le travail sûr - les congés payés). Nous poursuivrons cette campagne en automne.

Car au fil du temps, nous ne voyons plus nos droits actuels comme des acquis mais comme des droits qui ont toujours existé. Les congés payés, l'index, les allocations de chômage illimitées dans le temps... ce sont des droits. Ce sont nos droits. Mais ce sont des droits durement gagnés. Par les travailleurs, par les syndicats. L'utilité des syndicats n'est naturellement pas démontrée par les événements du passé. Mais bien par cette même lutte que nous allons continuer à mener à l'avenir. Alors que le gouvernement actuel a relevé l'âge de la pension à 67 ans sur un coup de tête, sans demander de points de vue et sans encadrement, le travail décent devient l'un des thèmes principaux. Le travail décent ne sera pas une réalité car Kris Peeters célèbre une grand-messe et la CTT 104 a la plupart du temps été mise au frigo au niveau de l'entreprise. Nous allons donc devoir créer petit à petit nos propres systèmes sectoriels, comme cela a été le cas pour les congés payés.

Commençons l'été dans cette optique. À l 'instar de nos prédécesseurs qui ont combattu pour obtenir des vacances payées pour les travailleurs, nous allons devoir nous battre pour obtenir des carrières décentes. Comme par le passé, ce sera le travail des syndicats. Et c'est ce que nous ferons. De toutes nos forces. Sans jamais nous arrêter.

Bonnes vacances.

Herwig Jorissen

Président