En entretien avec ... Président Georges De Batselier.

Le Congrès statutaire de la FGTB Métal d'Ypres est terminé depuis quelques semaines maintenant et ce fut une édition mémorable. Des contacts passionnants, de la belle musique, des conférences inspirantes, sans oublier d'importants défis pour l'avenir : ce congrès abordait de nombreux sujets cruciaux. Le choix de la ville et de la région d'Ypres n'était pas innocent. Cette année encore, elles sont en effet encore placées sous le signe du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Une période après laquelle l'ensemble de la société a dû se reconstruire un avenir, a pu poser librement des choix, a pris pleinement conscience des possibilités qui s'offraient à elle.

Les possibilités qui s'ouvrent aujourd'hui sont, pour l'industrie, ancrées dans la quatrième révolution industrielle. L'industrie 4.0, l'intégration accrue de la technologie de l'information (le big data, internet) et de la technologie opérationnelle (la robotique, l’automatisation des tâches, l’impression en 3D) dans le processus de production. L'intelligence artificielle n'est plus une science-fiction. D'un point de vue historique, les grands changements sociaux vont de pair avec une vague d'émotion. Les choses ne sont pas différentes aujourd'hui. A l'instar des révolutions industrielles précédentes, la numérisation de l'économie suscite des réactions spéculatives, défaitistes ou euphoriques. A quoi vont ressembler les futures entreprises, comment toute cette technologie va-t-elle influencer la production, combien de personnes vont-elles avoir un emploi dans cet avenir, et quel type d'emploi ? Dans l'industrie ou dans un autre secteur ?

Le mois dernier, Agoria a organisé la quatrième édition des « Factory of the Future Awards ». Quatre entreprises ont été ajoutées aux seize Usines du Futur actuelles. Le programme « Made Different » a été mis sur pied avec une série de partenaires. Les gagnants des éditions précédentes des Awards auraient réalisé ensemble une réduction moyenne de 50 % du délai de production, leurs stocks internes auraient baissé de 45 %, leur fiabilité de livraison se serait améliorée de 30 %, ils auraient investi un demi-million d'euros et auraient engagé 13 % de personnel en plus. Ces chiffres suggèrent déjà que l'Industrie 4.0 peut rimer avec plus d'emplois. Vous lirez sur cette page comment nos délégués se positionnent dans ces Usines du Futur.

Il existe en outre une étude de Flanders Make et PWC (« Industry 4.0: hype or reality ») dans laquelle 30 entreprises et organisations confient leur vision de la révolution 4.0 et de sa rapidité. Il apparaît qu'aucune entreprise industrielle ne peut se permettre d'ignorer les changements fondamentaux qui sont en cours. Comme le souligne l'étude, l'un des principaux défis est le manque de talents « numériques » ainsi que de « culture et formation numériques ».

Mais revenons aux défis que notre propre Congrès a souligné pour l'avenir. Nous avons mis un nom sur ces indicateurs car nous souhaitons indiquer la direction que nous voulons prendre. Une direction dans laquelle les talents sont acérés, où la qualité du travail prime, où les travailleurs peuvent travailler de manière durable, ont droit à un apprentissage tout au long de leur vie au sein de l'entreprise et ont voix au chapitre lorsque des décisions sont prises pour l'avenir. Une Industrie 4.0 sociale. Car notre direction sera « sociale ou ne sera pas ».

Georges De Batselier
Président de la FGTB Métal