Le point de vue...

Le point de vue de notre organisation, exprimé dans les paroles de notre Président.

 

En entretien avec ... Président Herwig Jorissen.

La FGTB Métal a approuvé le projet d'Accord interprofessionnel à 90 % des voix. Nous l'avons fait, convaincus que nos négociateurs ont, dans des conditions très difficiles, conclu un accord cadre défendable qui est « bon pour les gens et bon pour l'économie ». C'est à notre tour maintenant de prévoir une suite sectorielle. Durant toutes les discussions et les explications, il est apparu que nos travailleurs ont désespérément besoin d'une augmentation substantielle du pouvoir d'achat.

Grâce à l'AIP, c'est possible. Mais à si long terme, le troisième volet de l'AIP est tout aussi important. L'accord visant à poursuivre les négociations paritaires sur une série de défis sociaux importants. Car la situation est de plus en plus délicate pour notre industrie et donc pour notre État-providence.

- L'un de nos grands atouts a toujours été notre productivité du travail. A juste titre. Ces dernières décennies, celui-ci a non seulement été fortement freiné mais nous étions en outre à la traîne par rapport à nos pays limitrophes. Et selon la Banque nationale, nous avons même connu une croissance négative en 2016 (même si nous faisons heureusement encore beaucoup mieux que la moyenne européenne). Nous pouvons espérer qu'à terme, nous récolterons les fruits du progrès technologique (Industrie 4.0) mais c'est ce que tout le monde espère. Et il n'y a pas (ou peu) de politique visant à renforcer notre économie dans ce domaine. Pas de la part des autorités et trop peu de la part des entreprises. Les chiffres ne mentent pas.

- Nos résultats en matière d'apprentissage tout au long de la vie sont mauvais. En 2015, le nombre de personnes suivant des formations a baissé (seulement 6,7 % de la population de 25 à 64 ans par rapport à 7,1 % en 2014). La baisse est la plus forte en Flandre. Chez les travailleurs également, la baisse du taux de participation à des formations est palpable. Nous nous situons bien en deçà de la moyenne.

- Nous obtenons de mauvais résultats en matière de recherche et d'innovation. Pour la première fois depuis dix ans, les entreprises et les universités flamandes investissent moins dans l'innovation. Et ce sont principalement les entreprises qui sont aux abonnés absents.

Ces thèmes ne sont pas à l'ordre du jour du Groupe des 10. Mais nous espérons qu'ils recevront quand même l'attention nécessaire, du moins dans la marge. Car il n'y a aucun domaine - la recherche et le développement, la numérisation de l'industrie, la politique énergétique et le coût de l'énergie, la durabilité, l'économie circulaire (qui, aux Pays-Bas, représente 800.000 emplois) ... - où nos voisins n'obtiennent pas de meilleurs résultats que nous.

Il est cynique et douloureux de voir que ce gouvernement et ses partisans acceptent de considérer exclusivement la création d'emplois chez les patrons sous l'approche des coûts salariaux et de la modération salariale. Cela ne se limite pas à cela. A l'aube des négociations sectorielles, nous sommes naturellement contents que le secteur technologique belge se porte bien. Mais avec un cynique « nous allons créer 200 emplois supplémentaires en 2017 », vous ne prenez pas d'option sur l'avenir de notre industrie et donc de notre prospérité. Il en faut plus.

Herwig Jorissen
Président