Le point de vue...

Le point de vue de notre organisation, exprimé dans les paroles de notre Président.

 

En entretien avec ... Président Herwig Jorissen.

Nous en sommes à nouveau à cette période de l'année où nous dressons le bilan. Nous avons beau faire, nous ne pouvons y échapper. 2016 a été une année épouvantable, ou dans une langue que le bourgmestre d'Anvers comprend également : une « annus horribilis ».

- Il y a eu les attaques qui ont littéralement apporté la terreur dans nos salons. La menace, la peur, la méfiance qui se sont insinuées dans notre société. La propagande politique qui veut nous faire croire que la sécurité a maintenant un prix : la liberté ;

- Il y a eu l'avancée du populisme (de droite) : du Brexit à Trump, avec Le Pen et Wilders qui se tiennent prêts, et chez nous la N-VA toujours à la recherche des points vulnérables de la société ;

- Il y a les inégalités croissantes chez nous, où le gouvernement Michel laisse payer le tax-shift pour les 1 % par une augmentation des factures pour les 99 %, le démantèlement de l'État-providence social et des services publics. De plus, l'augmentation nette du nombre d'emplois (13.100 emplois par trimestre) semble inférieure que durant les 541 jours sans gouvernement fédéral en 2010-2011 (13.900 par trimestre) ;

- Après avoir démantelé les droits sociaux, l'un des partis de la majorité estime qu'il peut violer le fondement de notre État de droit et de la démocratie (la séparation des pouvoirs). Les autres partis font mine d'ignorer et laissent faire ;

- Et avec Trump et son oligarchie pétrolière au pouvoir, le sommet climatique (prometteur) de Paris risque d'être réduit à néant et le climat de se retrouver à nouveau en péril.

Non, 2016 n'a pas été une bonne année.

Cela a en outre été une année durant laquelle il a semblé n'y avoir que deux choix. Le néolibéralisme d'une part et le populisme (de droite) d'autre part. De Francken à Wilders, de Trump à Alternative für Deutchland, cela a tout à coup été tendance, quand il s'agissait de grèves, de réfugiés, de racisme... de considérer la loi comme élitiste, déphasée et même antidémocratique. Un fantôme hante le monde occidental : c'est à nouveau le droit du plus fort, de la grande gueule qui prévaut.

Peut-être les personnes affirmant que 2016 est l'année la plus terrible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ont-elles raison : le principal projet de paix (l'UE) est menacé par le populisme nationaliste de droite, les atteintes à l'État de droit, le démantèlement des droits sociaux, un négationniste climatique qui manie en outre le bouton rouge. Peut-être 2016 est-elle en effet une année charnière, la fin de la société telle que nous la connaissons.

Ou pas. Car c'est aussi la leçon de 2016. Les populistes interpellent la masse mais s'attirent à eux les groupes en les divisant, en les montant les uns contre les autres. Nous pouvons faire face à ces forces en nous unissant, en nous alliant : pour l'État de droit démocratique, pour une société séculière, pour l'État-providence social, contre l'inégalité et l'injustice.

2016 n'a pas été une bonne année. A nous maintenant de faire de 2017 une meilleure année. Il est temps, à nouveau, de dire les choses telles qu'elles sont. #NoHate

Herwig Jorissen
Président